Savez-vous ce qu’est la naturopathie ?

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Aujourd’hui j’ai l’honneur de vous présenter une interview que j’ai faite d’un naturopathe installé depuis plus de 10 ans en cabinet. Il a été également un de mes professeurs durant ma formation de naturopathe.

Durant ces quelques minutes, il va partager plusieurs remèdes qu’il emploie fréquemment et nous expliquer les bases de ce métier.

 

 

(Transcription écrite de l’interview)

Moi : Bonjour à tous,

Aujourd’hui je suis en présence de Frédéric Bernard qui est naturopathie et qui nous fait l’honneur de faire une interview pour nous partager son parcours et quelques recettes pour vous soigner.

Bonjour Frédéric. Tu es naturopathe. Pourrais-tu détailler, aux personnes qui ne connaissent pas cette profession, en quoi elle consiste.

Frédéric : La naturopathie, il y a plusieurs choses qui la caractérisent. D’abord les différentes disciplines thérapeutiques non chimiques, donc naturelles, que ce soient les oligo-éléments l’aromathérapie la phytothérapie etc…, avec une base hygiéniste, plutôt sur l’alimentation, diététique et hygiène de vie sous différents aspects. Et puis autre aspect particulier de la naturopathie, c’est une médecine qui est dite causaliste c’est-à-dire qu’on ne va pas s’occuper uniquement de soulager la symptomatique mais à chaque fois, on va essayer de trouver la ou les causes qui sont à la racine de l’expression symptomatique de manière à essayer de les résoudre.

Moi : Merci pour cette précision. Quelle a été ton parcours pour devenir naturopathe ?

Frédéric : Naturopathe ? Ça a été un peu le hasard. En fait j’ai fait des études classiques, lycée scientifique avec des options sciences agronomique et de biochimie végétale, phytothechnie, isotechnie etc… On a fait un peu de botanique. J’avais une prof de biologie à l’époque qui nous avait fait faire un herbier. On était sorti ramasser les plantes et apprendre la classification botanique. Il y avait une série de guides des plantes qu’elle avait mises à disposition pour qu’on puisse travailler notre classification et complètement par hasard celui que j’avais pris étais un guide des plantes médicinales. J’ai découvert au final que les trois quarts de ce que j’avais ramassé avait des effets médicinaux, ou des risques à être ingéré etc… C’est un monde entier qui s’est ouvert devant moi. Donc je suis venu par la phyto aux médecines naturelles. Puis ensuite progressivement j’ai changé mon alimentation, puis j’ai modifié tout mon mode de vie puis j’ai découvert que la naturopathie était un métier et je me suis formé etc, etc…

Moi : D’accord, en gros tu est tombé dans la marmite étant petit si on peut dire.

Frédéric : Oui, je suis tombé dans la marmite par le biais de la découverte des potentialités de la phyto.

Moi : Oui, c’est génial ça. Et donc tu est naturopathie, prof en particulier. Pourquoi avoir choisi surtout l’enseignement en plus ?

Frédéric : Je trouve que c’est difficilement dissociable au jour d’aujourd’hui. Le faite d’enseigner, ça m’oblige à me tenir toujours au courant des dernières évolutions de la discipline. Ça m’oblige à repasser mes connaissances en revue régulièrement. Donc ça veut dire que potentiellement, ça améliore mon niveau de praticien en cabinet, puisque je perds peu de données vu que je les manipule régulièrement. Et inversement, le fait d’exercer en cabinet fait que je ne suis pas déconnecté de la réalité de terrain. Les expériences au cabinet nourrissent aussi la manière dont j’enseigne.

Moi : Pour être un peu plus pratique pour les personnes qui vont lire l’interview, qu’est-ce que tu vois le plus souvent et qu’est-ce que tu pourrais donner comme conseil. Par exemple une ou deux pathologies que tu vois le plus souvent en cabinet.

Frédéric : Le plus souvent, c’est des problèmes liés à ce qu’on appelle des dystonies neuro-végétatives, c’est-à-dire des distorsions nerveuses, principalement à cause du stress professionnel, intoxications diverses, ou différents facteurs. Ça se répercute soit au niveau digestif, soit au niveau du sommeil. Ça, c’est assez régulier. Pas mal de personnes qui viennent aussi pour des soucis de bilans sanguins, problèmes de glycémie, des problèmes d’effondrement immunitaire, problèmes de cholestérol, des choses assez classique. C’est le gros de la clientèle.

Moi : D’accord. Pour le stress, qu’est-ce que tu conseillerais, soit on phyto, soit en aromathérapie. Est-ce que tu aurais un conseil à appliquer.

Frédéric : Il y a beaucoup de réponses possibles. Après c’est vrai qu’elles sont…

Moi : Oui tout va dépendre de la personne en face de toi.

Frédéric : Voilà, c’est toujours le problème ou plutôt la particularité avec la naturopathie. Une recette ne sera jamais faite pour tout le monde. Après il y a des grands classiques très connus comme la passiflore en phyto qui peut convenir à tout le monde. Ce n’est pas une plante qui pose de soucis. Après en fonction des polarités, par exemple des gens stressés qu’ils vont avoir tendance à faire de la tachycardie, l’aubépine peut être plus judicieuse. Pour ceux qui ont tendance à somatiser par des spasmes digestifs, la mélisse peut être plus intéressante. Après il y a des facettes secondaires à chacune des plantes qui font qu’on peut avoir une réponse plus personnalisée.

Moi : D’accord. Alors je récapitule. Passiflore, comme tu ne l’as pas dit c’est surtout pour les problèmes d’insomnie pour schématiser.

Frédéric : Par exemple, oui. Il y en a d’autres, mais celle-là est fidèle dans son action alors que la valériane par exemple il y a des gens qui vont réagir à l’inverse, c’est-à-dire ça va provoquer une hyper excitation nerveuse. Ça ne représente pas un gros pourcentage de la population mais ça arrive.

Moi : Effectivement, c’est bon à savoir. Ça peut être embêtant sinon. Donc passiflore, aubépine et mélisse. Mélisse surtout si on a une symptomatique digestive.

Frédéric : Digestive voilà, puisque c’est un bon antispasmodique abdominale.

Moi : D’accord. Et en petite tisane le soir, ça peut être également très bien ? Qu’est-ce que tu en pense ?

Frédéric : Oui, pourquoi pas. Tout à fait. D’autant que la mélisse n’est pas une tisane au goût désagréable. Il y a une saveur de citronnelle, c’est plus sympa que l’artichaut.

Moi : Oui, c’est sûr que ça doit être meilleur. Sinon, étant dans la période hivernale, nous en avions parlé lors d’un cours, est-ce que pour tout ce qui est angine les feuilles de ronces peuvent être utilisées ? Est-ce que tu pourrais donner une recette pour traiter ?

Frédéric : Alors, c’était pas spécialement pour des angines. Parce que les angines, il y en a différentes sortes : angines virales, angines bactériennes… Il y a de vrais risques à laisser trainer ou à mal soigner une angine bactérienne. Les feuilles de ronces sont plus pour les irritations, le mal de gorge mais pas forcément angine. Ou alors, il faut savoir de quelle angine on parle. C’était plus, pour une irritation, type toux sèche, gorge irritée. On avait parlé des feuilles de ronce, parce qu’elles contiennent des tanins et les tanins sont des protecteurs et des réparateurs des muqueuses. Donc effectivement, le fait de faire des gargarismes, par exemple avec une tisane de feuilles de ronce, ça permet d’apaiser l’inflammation et puis d’accélérer la réparation de la muqueuse dans la gorge.

Moi : Au niveau quantité, qu’est-ce qu’il faudrait prendre pour avoir une bonne action ?

Frédéric : Pour avoir une bonne action, en plante sèche, en mettant une bonne poignée dans 1 litre d’eau c’est déjà bien. C’est des préparations qu’on filtre, parce qu’il y a toujours des petites piques au dos des feuilles de ronce et évidemment, s’il y en a une qui passe dans la tisane, ça va pas tellement calmer la gorge.

Moi : Oui, au contraire, ça risque d’amplifier. Une fois par jour, ça pourrait être suffisant ? Ou deux fois par jour ?

Frédéric : Oui, ça peut même être deux à trois fois par jour. On n’est pas obligé de l’avaler non plus parce que les tanins vont avoir tendance à ralentir le transit. S’il s’agit de quelqu’un qui a déjà une tendance à avoir un transit lent, il peut simplement faire un gargarisme et le recracher pour éviter d’avoir une répercussion au niveau intestinal, au niveau transit.

Moi : Merci pour l’astuce.

Frédéric : Y a pas de quoi.

Moi : Pour rester dans le même contexte, en aromathérapie, aurais-tu un conseil pour le mal de gorge ou plutôt pour un rhume. Aurais-tu une huile essentielle a conseiller d’avoir dans sa pharmacie pour passer l’hiver.

Frédéric : A conseiller, bien sur. Il y a les classiques très connues. Pour tout ce qui est ORL de la face, il y a l’Eucalyptus radiata par exemple, qui est une huile très fidèle. Elle est bien tolérée au niveau cutanée. C’est une huile les moins agressives, donc en général ça ne pose pas de soucis, bien qu’on fasse toujours un petit essai avant à l’intérieur de la peau du coude pour voir. On n’est jamais à l’abri d’un terrain allergique. Avec l’aromathérapie, il faut quand même prendre des précautions. Celle là ou le Ravintsara aussi. Le Ravintsara qui est intéressant parce qu’il contient des oxydes qui sont mucolytiques et il a une facette antivirale assez prononcées aussi. On s’occupe en même temps de dégager les voies respiratoires et d’attaquer l’agent infectieux.

Moi : C’est vrai. Je conseille beaucoup le Ravintsara pour toutes les préventions de l’hiver. C’est vrai qu’il y a une très bonne action. Et pour des enfants, entre 3 et 10 ans, qu’est-ce que tu pourrais conseiller ? Plutôt phytothérapie, plutôt aromathérapie ?

Frédéric : On évite l’aromathérapie chez les jeunes enfants autant que possible sauf quelques huiles inoffensives. Tu penses à un encombrement ORL ou quelque chose comme ça ?

Moi : Oui, on reste sur la même pathologie.

Frédéric : C’est vrai que l’aromathérapie est évitée chez les jeunes enfants. Il y aurait de la phytothérapie intéressante, par contre la difficulté avec la phyto c’est que les enfants ne sont peut être pas toujours prêt à avaler des choses qui ont une amertume ou qui ne sont pas très bonnes. Trois ans, c’est un peu limite, mais à partir de 4 ou 5 ans, on peut faire des mélanges d’aromathérapie dilués suffisamment dans une huile végétale et puis faire des massages du thorax pour évacuer les voies respiratoires. Ca c’est faisable quand même. Mais on prendra toujours soin de choisir des huiles qui ne sont pas agressives.

Moi : Effectivement, toujours bien les diluer.

Frédéric : Bien les diluer en fonction de leurs composantes de manière à ce qu’il n’y est pas de soucis.

Moi : Sinon, s’ils n’aiment pas l’amertume des plantes et qu’il faut éviter les huiles essentielles, est-ce que tu as une autre possibilité dans ton panel ?

Frédéric : Chez les enfants ? Oui. Il y a de la gemmothérapie intéressante. Par exemple, des macérats glycérinés de bourgeons, des macérats mères.

Moi : C’est plus de l’homéopathie alors ?

Frédéric : Pas vraiment. Je parle de macérats mères, pas de macérats dilués à la première décimale. Du coup, la dose est faible à donner puisqu’on donne 1 goutte à peu près pour 10kg de poids corporel chez l’enfant. 1 goutte par jour, ce qui représente très peu de remède et de volume. Les macérats glycérinés ne sont désagréable au goût, contiennent peu d’alcool. En plus, vu le peu de quantité donné, ça représente quasiment rien. Ce qui n’est pas négligeable pour un enfant comparé à une teinture mère par exemple où on monte beaucoup plus en degré d’alcool et en posologie. Et c’est des bons remèdes de terrains, ça fonctionne très bien.

Moi : Il me semble qu’on peut demander une préparation spécifique pour les enfants pour éviter un maximum d’alcool et plutôt dilué avec de l’eau. J’ai vu ça en pharmacie.

Frédéric : Avec des macérats glycérinés ?

Moi : Il me semble. Ou il s’agissait déjà de dilution.

Frédéric : Peut-être des dilutions c’est possible. En macérat mère, je ne crois pas parce que le mélange eau/alcool/glycérine est indispensable pour avoir une qualité correcte dans le produit fini.

Moi : Aurais-tu un nom de macérat glycériné pour tout ce qui est ORL ?

Frédéric : Classiquement, il y a l’Eglantier (Rosa canina) qui fonctionne bien. Il stimule en plus le système immunitaire. En quelques semaines, on a une remontée de lignées lymphocytaires et puis en même temps, il travaille spécifiquement au niveau ORL de la face. Chez les enfants qui font souvent des rhino-pharyngite, des choses comme ça, ça fonctionne bien. C’est assez adapté à ce genre de terrain.

Moi : Tu as parlé de gemmothérapie. Les personnes ne connaissent pas forcément. De quoi il s’agit exactement ? Peux-tu expliquer pour les personnes qui nous lisent ?

Frédéric : La gemmothérapie est une discipline qui a été fondée par le Docteur Pol Henry. Il a eu l’idée le premier d’utiliser des parties de plantes qui étaient en pleines croissance, avec des cellules non encore différenciées, c’est-à-dire avec des bourgeons ou des jeunes radicelles. Mais la plupart ce sont des bourgeons qu’on met à tremper dans un mélange eau/alcool/glycérine. Donc on a un remède qui contient à la fois des principes actifs mais dont l’action thérapeutique est aussi portée par un message, c’est-à-dire par exemple, on observe que le romarin a un rôle anti-oxydant au niveau des composés intermédiaires qui se comportent comme des radicaux libres et qui sont généraux entre les deux phases de détoxification hépatique. Quand on prend des feuilles de romarin adultes et qu’on en fait par exemple une tisane, une teinture mère… et qu’on fait un macérat glycériné de jeunes pousses de romarin, on constate qu’il y a moins de principes actifs dans la jeune pousse de romarin et pourtant son effet anti-oxydant, spécifiquement sur cette sphère là, est de l’ordre de 10 fois celui des autres formes galéniques. Donc il y a quelque chose qui est aussi de l’ordre de l’énergétique et du message. Et là, pour le coup, on se rapproche de l’homéopathie où l’amélioration de l’état est aussi impulsée par un message et pas seulement par la présence de principe actif.

Moi : Avec ça, si on ne se guérit pas… Nous avons parlé de phyto, de gemmothérapie, d’aroma et de plein d’autres choses. Merci pour tous ces conseils.

Frédéric : Je t’en prie.

Moi : Etant naturopathe, tu possèdes un cabinet. Donc pour les personnes qui voudraient te retrouver. Pourrais-tu donner l’adresse de ton cabinet ?

Frédéric : Oui, j’exerce dans une structure qui s’appelle Fabienn’être. C’est un institut qui est au 15 rue du Viaduc à La Chapelle Basse Mer. C’est à l’est de Nantes, près de Thouaré. Les nantais connaissent sans doute le coin.

Moi : A tous les nantais, si vous voulez le voir… Et tes cours sont reliés à quel institut ?

Frédéric : Je travaille pour plusieurs structures. Le plus souvent, je donne des cours pour une école de naturopathie qui s’appelle l’IFSH (Institut Français des Sciences de l’Homme). Je donne aussi des cours, mais spécifiquement que des cours de phyto pour une association de botaniste. Et à la demande, je forme, plus ou moins régulièrement, des services de soins infirmiers spécifiquement à l’aromathérapie seulement. Et sortie botanique pour des particuliers. Après, je réponds aux demandes aux demandes qu’on m’adresse. Elles sont diverses mais les plus courantes sont celles-ci.

Moi : D’accord. Tu dois être bien occupé…

Frédéric : Effectivement, je suis bien occupé, il n’y a pas de souci.

Moi : Merci encore beaucoup pour toutes ces informations et le temps que tu nous as accordé pour l’interview.

Frédéric : Je t’en prie.

Moi : A très bientôt j’espère.

Frédéric : D’accord. Merci à toi et puis bonne continuation.

Moi : Merci. Au revoir.

Frédéric : Au revoir.

Larochelle

Merci pour ce partage, c’est pas mal du tout. Je m’occupe de la partie actu pour la ville de la Rochelle et je ne vais pas hésiter à relayer votre article. Cordialement.

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